mardi 23 septembre 2014

En compagnie d'Eratosthène

Pourquoi parler d'un roman sur ce blog consacré à la prospective du livre et de l'édition ?
Il y a dans le Eratosthène de Thierry Crouzet quelque chose du Siddhârta de Hermann Hesse. Les reflets qui enchantent le lecteur expriment le polissage (dont atteste bien le journal d'écriture), nous sommes dans la littérature et le numérique pourrait ici sembler secondaire. Dans le genre du roman initiatique cet opus prend sa place, et ce pourrait être, je pense, un plaisir raffiné que d'en prolonger la lecture par le Magellan de Stefan Zweig.
Dès la couverture, avec cet "Homme de Douris", l'homme (et la femme évidemment) du 21e siècle, sont pris à rebours ; nous nous interrogeons rarement sur le livre en tant que dispositif de lecture, sur ses origines, ses métamorphoses mais aussi ses invariants. De plus le nom de l'auteur doit parler à quelques-uns, comme l'un des auteurs et penseurs du web.
Pourtant (et c'est ce qui fait pour moi son charme essentiel) ce livre reste dans la tradition de l'imprimé. L'utilisation du numérique est surtout ici stratégique, pour la promotion, le marketing (ce dernier mot n'est pas forcément entièrement négatif  pour moi).
Au-delà le plaisir de cette lecture, celui d'être plongé dans la mythique bibliothèque d'Alexandrie (dont Eratosthène fut l'un des directeurs), au-delà les parallèles subtils qui peuvent donner à penser entre les époques, la polarité éternelle entre la barbarie et le souci d'élever l'humanité et d'éclairer sa conscience, c'est la démarche d'auteur de Thierry Crouzet qui justifie mon attention dans le cadre de la prospective du livre et de l'édition (c'est-à-dire de son marché). Vous pourrez vous faire votre propre idée en vous rendant sur cette page et en suivant, si vous le souhaitez, les différents liens. La lecture est agréable, la démarche intéressante.