vendredi 21 juin 2013

Peut-on encore lire ? Participez à la conversation...

J'ai le plaisir d'annoncer la publication de Peut-on encore lire ? en collaboration avec Marc-André Fournier à son enseigne des Guides MAF.
De quoi s'agit-il ?
La
description du livre sur la boutique d'iTunes est la suivante et elle est juste : 
 

"Le livre numérique n'est pas qu'une question de support. Il soulève aussi des questions d'écriture, de lecture.
Deux points de vues sont proposés dans cet ouvrage.
L'un, empirique, dévoile les voies explorées par un auteur hypermédia pour aborder de nouveaux continents.
L'autre, réflexif, se pose la question du devenir de la lecture au regard des expériences menées aujourd'hui, du patrimoine littéraire existant.".

Le premier point de vue, celles et ceux qui suivent l'actualité des mutations à l'oeuvre dans le monde du livre et de la lecture l'auront compris, est celui de Marc-André, le second est le mien, celui d'un prospectiviste du livre qui n'est ni dans le camp de ceux de l'imprimé ni dans celui de ceux du numérique, mais qui se questionne et interroge ses contemporains sur le devenir de la lecture au cours de ce 21e siècle.
  
 
Je précise en introduction de ma partie intitulée L'Auteur en Prométhée de quoi il retourne en vérité.
" Cela fait quelques années que je suis attentif au travail de Marc-André Fournier et qu’il m’entretient de temps en temps de l’avancée de ses travaux et de ses explorations d’auteur pour utiliser les outils informatiques au service de son inspiration et de son projet.
Mais quel est-il ce projet ?
Ce serait un projet global d’écriture dont la ligne, oserais-je dire : “politique”, et définie avec mon vocabulaire et d’après mon point de vue, serait peut-être la suivante : prenant acte des changements des pratiques de lecture dans nos sociétés du 21e siècle, où les écrans deviennent les principaux supports et où l’image animée et sonorisée supplante le texte, l’auteur se doit d’écrire, non plus pour des lecteurs, mais pour des “médianautes”, l’écriture doit d’emblée être multimédia et ces apports autres que le texte sont des enrichissements.
Dans une société française pourvue d’un ministère de la culture et de la communication, au sein duquel le livre et la lecture relèvent d’une direction générale des médias et des industries culturelles, la posture pourrait certes être d’avenir, si elle ne se heurtait d’entrée de jeu à plusieurs obstacles.
[...]
J’observe donc ainsi depuis quelques années les efforts de Marc-André Fournier pour parvenir à cette écriture, j’observe avec sympathie, mais cependant, je le reconnais, avec une certaine réserve aussi.
Pourquoi ?
Je suis intéressé, mais je ne suis pas séduit.
Pourquoi suis-je réservé, alors que l’ambition et les efforts qu’il produit sont louables et a priori qu’ils se déploient dans une perspective qui devrait séduire un chercheur en prospective du livre ?
C’est en somme pour éclaircir cette zone d’ombre que j’ai accepté de répondre favorablement à son invitation de réagir ici à son texte “Une écriture pour Médianautes”.
Notre conversation au long cours, entrecoupée régulièrement de quelques mois sans nouvelles l’un de l’autre, sinon de se suivre par l’entremise de nos blogs respectifs et des réseaux sociaux, et se renouant toujours à Saint-Germain-des-Prés à une terrasse de café en lisière du jardin du Luxembourg, cette conversation pouvait-elle, peut-elle, demeurer stérile ?
N’aurait-elle aucun sens ?
Parlons-nous lui et moi de la même chose ?
Ou bien n’est-ce qu’un dialogue de sourds ?
C’est vous, lecteurs de ce petit essai à quatre mains et deux claviers, qui pourrez peut-être nous le dire…
"
(Extrait de l'introduction de ma partie, en réponse au texte Une écriture pour médianautes de Marc-André Fournier).
 
Ne nous ménagez pas vos critiques, elles nous font progresser. Merci.
  
Photos, de haut en bas : couverture du livre, captures d'écrans des deux parties, Lorenzo Soccavo à la terrasse de la brasserie Le Rostand face au Jardin du Luxembourg, photo DR Cathy Legendre.