Durant l’année 2012
j’avais décidé de publier ici même chaque semaine un billet exprimant mon
sentiment personnel sur la semaine précédente, dans la perspective, bien
évidemment, des problématiques de la prospective du livre et de l’édition.
Ce post est donc
l’ultime, le 52/52.
Je dois maintenant vous
remercier pour votre lecture tout au long de ces cinquante deux semaines, lectrices,
lecteurs inconnus.
Les statistiques de
consultations du blog sur lequel cette chronique fut publiée tout au long de
cette année passée révèlent que vous avez été plusieurs milliers à la lire. Mais
comment savoir, même parmi celles et ceux qui l’ont relayée sur les réseaux
sociaux, ont cliqué sur un “J’aime” ou un “+” combien la lisait vraiment ?
Très peu parmi vous
se sont manifestés, seules quelques-unes, seuls quelques-uns, très rares, en
commentaires, plus rarement encore par un courriel privé, quelques autres par
un petit mot rapide au hasard d’une rencontre, me glissant presque subrepticement
à l’oreille qu’ils lisaient ma chronique.
Que ces
quelques-unes, que ces quelques-uns soient ici chaleureusement remerciés.
C’est grâce à vous,
c’est pour vous, que j’ai tenu jusqu’au bout.
En lecteur subjugué
Mes plus lointains
ancêtres italiens ont lu sur des stèles de marbre. Sur des rouleaux de papyrus,
sur du parchemin. Sur des générations entières a soufflé l’esprit
méditerranéen. Pour en arriver là. J’en suis l’un des derniers rejetons. Une
branche sans fruit. Mais j’ai essayé. J’ai essayé d’exprimer ici. Durant cinquante
deux semaines.
Si je ne suis pas parvenu
à désigner je crois m’être plusieurs fois approché.
Nous connaissons tous
le proverbe chinois : « Quand le sage montre la Lune, l'imbécile
regarde le doigt. ».
Quelques-uns, je le
sais, s’agitent, ils dénigrent ma posture, font courir des bruits, ils disent
des choses sur moi, des choses du genre : « Mais pour qui il se
prend ! ».
Ils regardent mon
doigt et ils refusent de voir ce que je désigne.
Ils se moquent je
le sais. Au fond ils me méprisent et s’en cachent à peine. Juste un vernis de
bonne éducation, une moisissure d’hypocrisie sur leurs faces.
Je me prends juste
pour un lecteur viscéralement attaché à la lecture.
Rien d’autre. Rien
de plus.
Une question
demeure cependant intacte, même si j’avais vraiment fait ici la part de
l’imprédictible et de l’intemporel, révélant mes stratégies d’évitement,
essayant de nommer l’innommable, redéfinissant sans cesse et encore :
y-a-t-il une part d’irréductible dans ce que depuis plusieurs siècle nous
appelons tous : “livre” ? Et si oui, quoi ?
Et puis aussi, bien
sûr, cette question formulée par Thomas Mann, dans La montagne magique :
« Celui qui est subjugué peut-il affranchir ? ».
Le rideau tombe sur
cette question.
Le rideau tombe sur
cette chronique.
Et sur quoi d’autre
encore ?
La probabilité que
cette chronique soit un jour éditée est extrêmement faible.
Plusieurs de ses
opus ont été l’objet d’une prépublication dans la revue en ligne belge de
Willem Heremans, Numéritérature : successivement les numéros 18 à 21,
sous le titre : “Réflexions sur la lecture en 2012 : mois de mai…”,
puis 36 à 40, sous le titre : “Cinq semaines de doutes et de lutte…”, et enfin de 41 à 46, sous le titre : “Sans cesse on devient lecteur…”. Qu’il en soit ici chaleureusement
remercié.
Ce n’est pas la
première fois qu’un auteur français trouve en Belgique l’appui qu’il n’a pas en
France.
Je ne me fais sinon
plus aucune illusion.
Ou si peu.
Bonnes lectures.
Malgré tout.
52 semaines...
Je deviens peut-être un peu fou
Saint-Germain-des-Prés en état de siège ?
Pendant ce temps l’histoire s’écrit…
Et si le hasard n’existait pas ?
Le volume, ce ferment…
Je suis un bipède, un (dé)lire sur pattes
Les grands cimetières sous les livres…
Semaine 09/52 : De la diffusion à l’infusion
Psychogéographie et ubiquité
Comment qualifier cette naissance à la noospshère ?
Un prodige agissant. Une seconde Renaissance ?
Semaine 10/52 : Primauté des articulations
Une semaine "sérendipitielle" de remise en questions
Des phrases qui articuleraient notre présence au monde
« O tempora, O mores » - « Ô temps, ô mœurs ! » (Cicéron)
Des robots indexeurs et prescripteurs
Au-delà de tous les livres LE Livre dont nous sommes les héros
J’aurais besoin que mes avatars m’aident
Semaine 12/52 : Le livre comme objectif
Et j’appris un jour à lire…