lundi 21 décembre 2015

Le numérique qui cache la forêt d'où est sortie la lecture !

Le biologique est narratif. Eminemment.
La plus petite unité de vie, la cellule, assure sa survie en décryptant (en décodant) et en documentant son environnement immédiat (ici et maintenant).
 
Envisager, comme je le propose depuis plusieurs années avec la prospective du livre, les mutations (passées, présentes et à venir) des dispositifs et des interfaces de lecture, c'est considérer les livres comme des objets de médiation entre les mondes. Ce qu'ils sont précisément.
Tous les lecteurs de fictions l'ont naturellement expérimenté : les livres sont des passages.
 
Or, le temps de la lecture, son tempo, ses rythmes induits par le style, par les effets de répétitions de certains éléments structurants et parfois très subtils, se doivent d'être respectés pour que l'œuvre à l'œuvre (sic) opère.
Si le passage de ce passage (re-sic) n'est certes pas une traversée, mais, comme le passage de l'endormissement au rêve, l'accès soudain à un état de conscience modifiée, il n'empêche que pour que la médiation entre les mondes (celui réel du lecteur lisant, et, celui fictif du liseur transporté par sa lecture) soit, une cadence naturelle biologique ancestrale doit être respectée. Probablement.
Dans cette optique, "le numérique", comme nous disons génériquement, est, et sera certainement bien plus au cours des années à venir, d'un apport considérable. Mais pas du côté de ses gadgets se présentant à la vente comme des dispositifs de lecture, ni du côté des applications logicielles et autres stratégies mercantiles de diffusion et de contrôle des textes. Mais par ce que ses "outils" apporteront, notamment aux neurosciences cognitives et de l'esthétique.
 
Mon postulat est que la lecture serait consubstantielle de l'âme, en définissant simplement cette dernière comme principe vital (reprendre ce texte à son début si cela vous choque : "Le biologique est narratif. Eminemment. La plus petite unité de vie, la cellule, assure sa survie en décryptant (en décodant) et en documentant son environnement immédiat...").
Le numérique, tel que nous entendons couramment ce terme aujourd'hui, nous cache la forêt d'où est sortie la lecture, je veux parler au fond de l'emprise du langage sur l'homme et de comment nos modes de lectures façonnent des images du monde que nous pensons comme réel.
A l'heure des mutations que nous observons tous des supports et des pratiques de lecture, là est, il me semble, l'essentiel.
Au cours de l'année 2016 je tenterai de préciser cette perspective fondamentale de la prospective du livre et de la lecture dans une expérience de publications hebdomadaires sur la plateforme communautaire Wattpad (vous pouvez vous inscrire ici gratuitement si cela vous intéresse de prendre connaissance de ces textes en 2016).