mercredi 23 novembre 2011

Berceau du livre inconnu

C'est une chose impossible, qui creuse un regret.
Revenir dans 300, 500, 700 ans.
Voir comment le livre et la lecture auront changé.
  
Alors me revoilà donc et ils m'accueillent gentiment, à peine surpris il me semble. Quand je leur demande où sont leurs livres, où sont les livres, d'abord ils me regardent avec un drôle d'air. Je leur explique ce à quoi je pense, ce que je veux voir, pourquoi je reviens, et alors, au bout d'un moment, il me semble qu'ils comprennent de quoi je veux leur parler. Ils sont à la fois moqueurs et respectueux je crois. Ils me répondent que cela a bien changé. Beaucoup. Qu'ils n'appellent plus cela "livre". Je crois aussi comprendre de ce qu'ils essaient de m'expliquer que la lecture ne s'appelle plus non plus "lecture", et ne ressemble plus tellement à l'activité que je déployais lorsque je lisais, il y a plusieurs siècles, dans les lointaines années 2010...
Ils me disent comment maintenant ils appellent les "livres".
Je leur avoue spontanément que cela ne me serait jamais venu à l'esprit.
Ils me sourient.
Enfin, ils m'emmènent les voir.
Je savais bien que les papillons n'étaient pas des chenilles avec des ailes. Je le savais.
De mon vivant j'avais pris conscience qu'entre une tablette d'argile et un volumen la différence était radicale. Entre un volumen et un codex... Mais la pagina subsistait. 
  
Ils me les montrent.
Wouaouh !
Le livre, méta-morphosé, sature mon attente.
Effet de sidération. Total. Absolu.
De mon vivant, jamais je n'aurais imaginé cela.
Ils rigolent bien !
  
(Retrouver le fil de la lecture dans la trame de l'histoire du livre.)